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Evaluation des dégâts de tempête par télédétection satellitale : aspects méthodologiques et opérationnels

Coordinateur(s)
Nicolas Stach, IFN
Partenaire(s)

Cemagref

UMR CESBIO

Au lendemain des tempêtes de décembre 1999, l’Inventaire forestier national a été chargé par le Ministère chargé de l’agriculture d’une évaluation des dégâts occasionnés en forêt. Cette évaluation devait, dans un délai de quelques mois, fournir une carte précise des dégâts, ainsi qu’une estimation chiffrée des volumes de bois concernés. Devant l’ampleur de la tâche, l’IFN a dans un premier temps envisagé la possibilité de réaliser ce travail par télédétection satellitaire. Il a réuni un groupe d’experts en télédétection pour en évaluer la faisabilité. En absence d’expérience comparable, une première phase méthodologique a été lancée, avec pour objectif de tester les possibilités envisageables avec les données et les méthodes existantes. Devant les résultats globalement décevants de ces tests réalisés dans l’urgence, l’IFN décidait d’abandonner la filière satellitaire, à l’exception du massif aquitain de pin maritime qui présente des conditions particulièrement favorables, et de réaliser la cartographie des dégâts par photo-interprétation de prises de vues aériennes sur les départements significativement touchés. Parallèlement, un retour sur les points d’inventaire au sol était prévu pour les départements en cours de lever ou dont la phase de terrain venait de se terminer.

Deux ans après les tempêtes, le travail par photo-interprétation de prises de vues aériennes s’étant avéré beaucoup plus long que prévu, et des résultats encourageants avait été obtenus entre temps par télédétection satellitaire dans certaines conditions de réalisation, l’IFN, le Cemagref et le CESBIO ont souhaité revenir sur le potentiel de l’imagerie spatiale pour la cartographie de dégâts de tempêtes à travers un projet soutenu par le GIP ECOFOR dans le cadre de son programme « Forêt, vent et risques ». Les objectifs de ce nouveau projet étaient 1) de mettre au point des méthodes de cartographie des dégâts à partir des données satellitaires disponibles actuellement à grande échelle ; 2) de mettre en œuvre et de valider ces méthodes dans des conditions de milieu et d’acquisition des images variées ; 3) de définir les conditions de mise en application opérationnelle de ces méthodes.

L’expérience de l’évaluation des dégâts des tempêtes de décembre 1999 menée à l’IFN montre que seul le retour sur le terrain sur un échantillon de placettes inventoriées peu de temps avant la tempête peut permettre une évaluation suffisamment précise de l’ensemble des dégâts, en terme de volume de bois, à l’échelle du territoire. Cette opération n’était malheureusement pas possible en 2000. L’inventaire départemental stratifié mis en œuvre par l’IFN jusqu’alors ne permettait en effet pas une telle opération. Depuis 2004, l’IFN a modifié sa méthode d’inventaire et a adopté un inventaire systématique et annualisé sur l’ensemble du territoire. Un des intérêts de cette nouvelle méthode est de permettre une flexibilité beaucoup plus importante pour répondre aux questions posées par une éventuelle future catastrophe majeure. Le cas échéant, le sous-échantillon annuel de l’inventaire systématique, soit un dixième de l’échantillon total, pourrait faire l’objet de re-mesure sur le terrain. Cette solution assurerait une évaluation précise des dégâts dans leur globalité et ce dans un délai et à un coût plus acceptables.

Parallèlement à cette estimation statistique, la cartographie des zones touchées à grande échelle ( 1 / 10 000 à 1 / 25 000) reste un besoin important pour la gestion des risques induits (risques phytosanitaires, incendies, inondations…) ainsi que pour la reconstitution des peuplements. Cette cartographie pourrait être assurée dans un délai raccourci par rapport à 1999, en combinant les approches par télédétection et par photographie aérienne.