{"id":20,"date":"2025-03-07T19:51:56","date_gmt":"2025-03-07T18:51:56","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/?page_id=20"},"modified":"2025-03-10T13:15:51","modified_gmt":"2025-03-10T12:15:51","slug":"les-changements-des-surfaces-forestieres","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.gip-ecofor.org\/cartofora\/les-changements-des-surfaces-forestieres\/","title":{"rendered":"Les changements des surfaces foresti\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Les for\u00eats anciennes<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les changements des surfaces foresti\u00e8res<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les premi\u00e8res estimations&nbsp;: des chiffres peu pr\u00e9cis, difficiles \u00e0 interpr\u00e9ter<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res \u00e9valuations statistiques des surfaces foresti\u00e8res remontent au 18\u00e8me si\u00e8cle. Elles sont li\u00e9es \u00e0 un contexte de crise d\u2019approvisionnement en bois, sensible jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9volution industrielle, au 19\u00e8me si\u00e8cle. Ces donn\u00e9es chiffr\u00e9es restent cependant sujettes \u00e0 question, car les auteurs ne pr\u00e9cisent pas la d\u00e9finition qu\u2019ils donnent \u00e0 la for\u00eat (surfaces, densit\u00e9s minimales, composition\u2026) et les m\u00e9thodes employ\u00e9es. Faute de donn\u00e9es solides, les valeurs avanc\u00e9es correspondent encore \u00e0 des fourchettes tr\u00e8s larges&nbsp;: 6,8 millions d\u2019hectares pour Vauban en 1707, plus de 15 millions d\u2019hectares pour le marquis de Mirabeau en 1750.<\/p>\n\n\n\n<p>porte sur les surfaces bois\u00e9es, la consommation des communaut\u00e9s d\u2019habitants et des \u00e9tablissements industriels. La R\u00e9volution emp\u00eache malheureusement l\u2019aboutissement des travaux&nbsp;et seules des donn\u00e9es locales nous sont parvenues.. En 1789, en l\u2019absence de donn\u00e9es de synth\u00e8se, l\u2019agronome Arthur Young tente une premi\u00e8re estimation de la surface foresti\u00e8re \u00e0 partir des donn\u00e9es de la carte de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.gip-ecofor.org\/cartofora\/index.php?sujet=cassini\">Cassini<\/a>, mais ses m\u00e9thodes d\u2019\u00e9chantillonnage restent inconnues. Il \u00e9value alors la surface foresti\u00e8re \u00e0 plus de 8 millions d\u2019hectares, soit 16,7&nbsp;% du territoire national.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res estimations s\u00e9rieuses apparaissent durant la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. En 1791, avec des m\u00e9thodes probablement similaires \u00e0 celles d\u2019Arthur Young, l\u2019ancien grand ma\u00eetre des for\u00eats de Champagne Telles d\u2019Acosta obtient 6,4 millions d\u2019hectares, soit 12,4&nbsp;% du territoire. Ces chiffres sont corrobor\u00e9s par les enqu\u00eates men\u00e9es par la Constituante. On notera que si les for\u00eats domaniales et communales sont alors assez bien \u00e9valu\u00e9es, l\u2019estimation des surfaces en for\u00eat priv\u00e9e reste encore tr\u00e8s approximative.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut attendre la Restauration pour voir appara\u00eetre les premi\u00e8res statistiques g\u00e9n\u00e9rales, \u00e9tablies \u00e0 partir des donn\u00e9es cadastrales. La g\u00e9n\u00e9ralisation du cadastre parcellaire dit \u00ab&nbsp;napol\u00e9onien&nbsp;\u00bb, entre 1807 et les ann\u00e9es 1820, permet de disposer d\u2019une \u00e9valuation de la nature fiscale de la propri\u00e9t\u00e9 non b\u00e2tie, notamment des terres class\u00e9es en bois. Entre 1821 et 1834, Pierre-Etienne Herbin de Halle, chef de bureau \u00e0 l\u2019Administration des for\u00eats, publie un M\u00e9morial statistique et administratif des for\u00eats du royaume, qui apporte un bilan pr\u00e9cis \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de chaque d\u00e9partement. La surface foresti\u00e8re avoisinerait alors 6,7 millions d\u2019hectares, soit 12,6&nbsp;% du territoire. A cette \u00e9poque, la France n\u2019int\u00e8gre pas encore Nice et la Savoie. En 1829, un ancien arpenteur-v\u00e9rificateur des Eaux et For\u00eats, Faiseau-Lavanne, fait para\u00eetre des Recherches statistiques sur les for\u00eats de France, qui pr\u00e9sentent des r\u00e9sultats tr\u00e8s proches (6,7 millions d\u2019hectares, soit 12,7&nbsp;% du territoire).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces statistiques confirment bien que&nbsp;<strong>la p\u00e9riode 1790-1840 constitue l\u2019\u00e9tiage de la superficie foresti\u00e8re en France<\/strong>. Elles tendent aussi \u00e0 montrer que la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire, l\u2019Empire et la Restauration n\u2019ont pas g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une r\u00e9gression globale des surfaces, les zones de plantations compensant les secteurs de d\u00e9boisement. Cette p\u00e9riode a, par contre, conduit \u00e0 une redistribution importante de la propri\u00e9t\u00e9 foresti\u00e8re, suite \u00e0 la vente des biens du clerg\u00e9, des biens des \u00e9migr\u00e9s, puis des bois nationaux.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>De la Statistique g\u00e9n\u00e9rale de France \u00e0 l\u2019Inventaire forestier national<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>A partir de 1840, la cr\u00e9ation de la Statistique g\u00e9n\u00e9rale de France (SGF) et les enqu\u00eates d\u00e9cennales de la Statistique agricole de la France, permettent d\u2019avoir des donn\u00e9es moins ponctuelles et plus fiables, \u00e0 partir de donn\u00e9es communales. La Statistique des for\u00eats, issue du premier Annuaire statistique de la France publi\u00e9 en 1878, \u00e9value les surfaces foresti\u00e8res \u00e0 plus de 9 millions d\u2019hectares, soit 17&nbsp;% de la surface du territoire de l\u2019\u00e9poque.&nbsp;<strong>Une grande synth\u00e8se statistique est aussi publi\u00e9e en 1912 par le directeur g\u00e9n\u00e9ral des For\u00eats Lucien Daubr\u00e9e, sous le titre de Statistique et atlas des for\u00eats de France<\/strong>. Cette statistique propose une cartographie des for\u00eats, selon le type de propri\u00e9t\u00e9, mais elle reste \u00e9labor\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u00e9partementale. Dans une France amput\u00e9e de l\u2019Alsace et de la Lorraine, Daubr\u00e9e \u00e9value alors les surfaces bois\u00e9es \u00e0 9,8 millions d\u2019hectares, soit 18,3&nbsp;% du territoire. Ces chiffres confirment un mouvement g\u00e9n\u00e9ral de boisement entam\u00e9 depuis plusieurs d\u00e9cennies. Ce mouvement est issu d\u2019un contexte nouveau d\u2019exode rural, entam\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1830-1840. Dans certaines r\u00e9gions, l\u2019abandon des terres les moins riches peut conduire \u00e0 des accrues, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un boisement naturel. C\u2019est le cas notamment de l\u2019abandon de certaines terres agricoles, de ch\u00e2taigneraies et de sub\u00e9raies des Alpes du sud, des C\u00e9vennes et des pi\u00e9monts pyr\u00e9n\u00e9ens. Mais la progression de la for\u00eat est aussi issue d\u2019un important mouvement de boisement, pour mettre en valeur les terres pauvres de Champagne, de Sologne ou des Landes de Gascogne, comme pour r\u00e9duire le risque d\u2019\u00e9rosion des dunes littorales (Aquitaine, Bretagne, Pas-de-Calais\u2026) ou des terrains de montagne (politique de Restauration des terrains de montagne, RTM).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La premi\u00e8re cartographie g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 grande \u00e9chelle (i.e. \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale) des for\u00eats fran\u00e7aises est permise par les travaux de l\u2019Inventaire forestier national (IFN)<\/strong>. L\u2019IFN est cr\u00e9\u00e9 en 1958. Il est issu du contexte de la reconstruction et de la croissance des Trente Glorieuses, p\u00e9riode o\u00f9 la forte demande en mat\u00e9riaux conduit \u00e0 des tensions et des inqui\u00e9tudes sur le march\u00e9 du bois. Il s\u2019agit alors d\u2019\u00e9valuer avec pr\u00e9cision la ressource, pour mieux la mobiliser. Jusqu\u2019en 2004, l\u2019inventaire est effectu\u00e9 par d\u00e9partement, avec un intervalle de retour de 10 \u00e0 12 ans. Il repose sur l\u2019interpr\u00e9tation de photographies a\u00e9riennes, confort\u00e9es par des relev\u00e9s r\u00e9partis uniform\u00e9ment sur le terrain, portant sur la dendrom\u00e9trie, la structure et la composition des peuplements. Depuis 2004, cette m\u00e9thode est remplac\u00e9e par une \u00e9valuation annuelle, sur l\u2019ensemble du territoire, par sondage. En 2012, l\u2019IFN a fusionn\u00e9 avec l\u2019Institut g\u00e9ographique national (IGN), le nouvel \u00e9tablissement portant le nom d\u2019Institut national de l\u2019information g\u00e9ographique et foresti\u00e8re.&nbsp;<strong>Les campagnes d\u2019inventaire de 2009-2013 concluent \u00e0 un boisement sur 16,5 millions d\u2019hectares, soit 30&nbsp;% du territoire m\u00e9tropolitain<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\" style=\"font-style:normal;font-weight:700\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Brenac L., 1984. Connaissances statistiques des for\u00eats fran\u00e7aises avant l\u2019Inventaire forestier national, Revue foresti\u00e8re fran\u00e7aise, vol. 36, n\u00b0 1, pp. 77-90<\/li>\n\n\n\n<li>Buridant J., 2008. Le premier choc \u00e9nerg\u00e9tique&nbsp;: la crise foresti\u00e8re dans le nord du Bassin parisien, d\u00e9but XVIIIe-d\u00e9but XIXe si\u00e8cle, Universit\u00e9 de Paris IV-Sorbonne&nbsp;: Habilitation \u00e0 diriger des recherches, t. I, pp. 75-81 et t. II, pp. 232-237<\/li>\n\n\n\n<li>Cinotti B., 1996. L\u2019\u00e9volution des surfaces bois\u00e9es en France&nbsp;: proposition de reconstitution depuis le d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.. Revue foresti\u00e8re fran\u00e7aise, vol. 48, n\u00b0 6, pp. 547-562<\/li>\n\n\n\n<li>Dev\u00e8ze M., 1966. Les for\u00eats fran\u00e7aises \u00e0 la veille de la R\u00e9volution de 1789. Revue d\u2019histoire moderne et contemporaine, pp. 241-272<\/li>\n\n\n\n<li>Dupouey J.-L., Bachacou J., Cosserat R., Aberdam S., Vallauri D , Chappart G., Corvisier de Vill\u00e8le M.-A., 2007. Vers la r\u00e9alisation d&rsquo;une carte g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e des for\u00eats anciennes en France. Le monde des cartes, n\u00b0191, pp. 85-98<\/li>\n\n\n\n<li>Rousseau P., 1990. L\u2019\u00e9volution des for\u00eats fran\u00e7aises m\u00e9tropolitaines d\u2019apr\u00e8s les statistiques foresti\u00e8res, Revue foresti\u00e8re fran\u00e7aise, vol. 42, n\u00b0 1, pp. 56-65<\/li>\n\n\n\n<li>Vallauri D., Grel A., Granier E., Dupouey J.-L., 2012. Les for\u00eats de Cassini. Analyse quantitative et comparaison avec les for\u00eats actuelles. Rapport WWF\/INRA, Marseille, 64 p. + CD<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les for\u00eats anciennes Les changements des surfaces foresti\u00e8res Les premi\u00e8res \u00e9valuations statistiques des surfaces foresti\u00e8res remontent au 18\u00e8me si\u00e8cle. Elles sont li\u00e9es \u00e0 un contexte de crise d\u2019approvisionnement en bois, sensible jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9volution industrielle, au 19\u00e8me si\u00e8cle. 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