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Forêts de failles et forêts galeries au sud du Mali : de voies pour la pérennité des refuges guinéens en zone soudanienne

Coordinateur(s)
Philippe Birnbaum, CIRAD et Laurent Granjon, IRD
Partenaire(s)

CNRS

Ministère de l'environnement, Mali

INRA

University of Wisconsin, Dpt of Geography, USA

University of Ulm, Dpt of experimental eclogy, Allemagne

Direction nationale de la conservation de la nature, Mali

Au Mali, l'évolution climatique depuis le dernier maximum glaciaire a façonné la répartition des organismes en délimitant notamment des zones refuges à flore et faune d'affinité guinéennes, incluses dans des secteurs bioclimatiques soudaniens. Elles forment de petites poches de végétation (failles) ou se répartissent le long des fleuves et rivières (galeries) qui proviennent des pays du Golfe de Guinée.

Ces failles et galeries constituent des ilôts forestiers de haute valeur pour la conservation de la biodiversité forestière au Mali, et plus largement en Afrique soudanienne. Cependant, ces milieux sont inclus dans des paysages que l'homme façonne et duquel il extrait les ressources nécessaires à son dévelooppement. L'objectif de ce projet est de définir quelles sont les caractéristiques biotiques et abiotiques indispensables au fonctionnement de cet écosystème.

L'hypothèse de départ est que la durabilité de ces milieux est dépendante : (1)du maintien des transferts (i) dans et entre ces ilôts forestiers et (ii) entre ces milieux et la grande forêt guinéenne, mais également (2) de modes de gestion par les populations humaines avoisinantes.

Pour tester cette hypothèse, les inventaires botaniques (arbres et plantes de sous-bois) et faunistiques (petits mammifères) de certains de ces fragments, préalablement sélectionnés par l'analyse d'images satellites, permettront d'étudier leur diversité biologique en fonction d'un certain nombre de paramètres (surface, isolement, degré d'anthropisation des milieux environnants...), via un système d'information géographique.

L'étude moléculaire (séquençage et analyse phylogéographique) de quelques taxons choisis (arbres, rongeurs, chauve-souris) renseignera sur le degré d'isolement des populations concernées mais également sur les relations passées et présentes de ces fragments forestiers entre eux et avec la forêt guinéenne continue.

Les interactions frugivores - fruits seront abordées par l'étude écologique de quelques petits mammifères frugivores en vue d'estimer leur rôle dans la dissémination et la régénération forestière.

Les modes d'utilisation des ressources de ces ilôts et l'impact des pratiques anthropiques seront identifiées par des enquêtes auprès des populations locales.

Au terme de cette étude, des recommandations seront émises, à la fois vers les populations locales et les responsables politiques, en vue de l'optimisation de la gestion durable des ressouces naturelles de ces milieux refuges.