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Impact de l'exploitation minière sur la diversité des micro-organismes associés aux Casuarinacées en Nouvelle-Calédonie

Coordinateur(s)
Elisabeth Navarro, IRD
Partenaire(s)

CNRS

Laboratoire des Symbioses Tropicales et Méditerranéennes

Les sites miniers de Nouvelle Calédonie sont caractérisés par un déséquilibre chimique (déficit en carbone, azote, phosphore ; excès en nickel, magnésium). Leur lessivage par l’érosion entraîne de graves problèmes de pollution. Leur revégétalisation fait appel à des Casuarinacées endémiques. Les Casuarinacées sont caractérisées par un cortège microbien constitué essentiellement d’actinomycètes fixateurs d’azote (Frankia) et de champignons endo- et ectomycorhiziens. Une diversité a déjà été constatée dans les communautés microbiennes impliquées.

Objectifs du projet

Ce projet, associant deux laboratoires métropolitains et un laboratoire de Nouvelle Calédonie, vise à étudier le cortège microbien associé aux Casuarinacées : plantes pionnières de Nouvelle Calédonie, utilisées pour la revégétalisation des sites miniers.

La revégétalisation, dont le but est l’établissement de communautés climaciques, devrait être accompagnée d’une augmentation de la diversité des communautés microbiennes associées aux plantes. Le présent travail vise aussi à corréler la diversité microbienne avec la résistance au nickel.

Résultats

Ce travail a permis de montrer qu’il existe des micro-organismes adaptés au nickel que ce soit au niveau de populations spécifiques (Frankia) ou au niveau des communautés bactériennes totales. Des actinomycètes sont résistants à de très fortes concentrations en nickel.

Un changement dans la structure des communautés bactériennes a été mis en évidence dès l’addition de chlorure de nickel. Le NiCl2 a un impact sur l’agrégation du sol et permet la libération de populations bactériennes spécifiques. L’analyse de la structure des communautés bactériennes, réalisée sur les 3 situations calédoniennes (écosystème naturel, déblais miniers et essais de revégétalisation) a mis en évidence la grande pauvreté des déblais miniers en Proteobactéries, groupe bactérien fortement impliqué dans le fonctionnement biologique du sol et l’impact positif de la plante. En effet, la plante permet la recolonisation du déblai minier par les proteobactéries. Le succès de la restauration des sites miniers pourrait être amélioré par l’introduction simultanée de la plante mais aussi de protéobactéries sélectionnées. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour répondre à cette question. Ce programme a permis de lancer une problématique novatrice qui se poursuit et deux thèses sont financées par le ministère de la recherche.