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TEM-PEST - Gestion du risque sanitaire en forêt de pin maritime après tempête : de la parcelle au massif, évaluation et analyse de la dynamique spatiale des dégâts de scolytes et fomes

Coordinateur(s)
Hervé Jactel, INRA

Ce projet mené sur des plantations de pin maritime dans les Landes de tout âge a donné les résultats suivants.

Fomes

Ce projet a permis de mettre en évidence une forte contamination par le fomes des chablis et des volis de tempêtes (30 %) en forêt de pin maritime.
Il suggère en conséquence de nettoyer les parcelles avant tout reboisement en broyant grossièrement les souches pour permettre un dessèchement rapide du bois.


Scolytes

Observations

La corrélation entre attaques de scolytes, observées au sol et sur des fenêtres-échantillons de photos aériennes à infra-rouge (1000 m2), est très forte (R2 = 0,82 et pente très proche de 1). Ceci n’est pas expliqué par une absence d’attaque par d’autres agents pathogènes que le scolyte mais essentiellement par le fait que les arbres « scolytés » sont dominants et donc plus visibles sur les photos aériennes. Ceci a permis d’utiliser la méthode d’observation par photo-aériennes (échantillonnage) comme témoin pour évaluer les autres méthodes d’observation des dégâts de scolytes.

L’estimation des dégâts par l’ULM s’est avérée inappropriée dans la forêt étudiée. Elle conduit à une importante sous-estimation de l’ordre de 1/4 de l’importance des foyers et à une mauvaise localisation de ceux-ci.

La méthode de cheminement linéaire sur les voies carrossables permet d’observer les dégâts sur une bande de 10 m de large quelle que soit l’orientation des lignes de plantation par rapport au chemin d’une part et les âges des peuplements d’autre part. Ces observations permettent de calculer la densité d’arbres infectés par parcelle avec un biais lié à la présence ou à l’absence de piles de bois sur les voies utilisées. L’estimation est de 200 % du réel si toutes les pistes sont parcourues (pistes avec ou sans piles de bois) et de 300 % du réel si seules les pistes centrales (c’est à dire avec des piles de bois abondantes) sont parcourues. Par contre, si l’on n’explore pas les zones avec les piles de bois, on parvient à une estimation de l’ordre de 65 % du réel (toutes pistes) ou de l’ordre de 10% du réel (pistes centrales uniquement).

Si l’échantillonnage sur photo-aérienne à infra-rouge d’une fenêtre de 1000 m2/ha donne un résultat très satisfaisant, il apparaît possible de réduire l’effort d’échantillonnage à une fenêtre de 1000 m2/4 ha sans augmenter le biais de l’estimation du nombre d’arbres attaqués par parcelle. Par contre cela conduit à ne pas détecter d’attaques dans le cas d’un faible niveau d’infestation.
Enfin, l’infestation par les scolytes est principalement conditionnée par la présence de piles de bois aux abords des peuplements (foyers agrégés aux bords des chemins où des piles de bois ont été stockées). De ce fait, l’estimation du nombre d’arbres attaqués est biaisée de façon importante si l’on ne se base que sur une estimation par le parcours de ce type des chemins.


Recommandations aux gestionnaires

En considérant les différentes échelles potentielles d’estimations du nombre de foyers de scolytes, ce projet suggère les prises de position suivantes en relation avec la faisabilité économique.

À l’échelle de la parcelle, choisir de faire un échantillonnage sur une maille de 100 x 100 m de fenêtre d’échantillons de 1000 m2 (1 fenêtre par ha) sur les photos aériennes permet d’avoir une estimation supérieure de 20% à la réalité. Et, l’extrapolation du nombre d’arbre dans la parcelle à partir du dénombrement des arbres en bordure (10 m) fournit une valeur ayant un biais de +/- 40 %.

À l’échelle de la forêt, il serait préférable de faire un échantillonnage sur une maille de 200 x 200 m de fenêtre d’échantillons de 1000 m2 (1 fenêtre pour 4 ha) sur des photos aériennes. Cet technique aboutit à une surestimation du nombre de foyers de l’ordre de 80 % si la forêt contient des piles de bois stocké et à une surestimation négligeable si elle n’en contient pas.

À l’échelle d’un grand massif (quelques milliers d’ha), seul le cheminement en véhicule le long des principales dessertes forestières semble envisageable. Cette méthode conduira alors à une surestimation de 200 % (3 fois la valeur) dans le cas où il existe des stocks de bois dans la forêt, et à une sous-estimation de 90 % dans les forêts sans stocks de bois en bord de route (estimation égale à 10% de la valeur réelle).

Ce projet souligne également l’intérêt des placettes permanentes réparties dans toute la région car elles permettent une estimation plus fiable au niveau du massif landais.