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Evaluation des conséquences immédiates des tempêtes sur l'état des plantes ligneuses, et l'utilisation de l'espace et la dynamique des populations de chevreuils en forêt caducifoliée de plaine

Coordinateur(s)
CNRS : Patrick Duncan, CNRS
Partenaire(s)

Université de Lyon

ONC

Cemagref

ONF

1. Les bases du projet

Après la tempête s'est engagé un débat au sujet de ses conséquences sur la grande faune et des mesures à prendre.

Pour appuyer les réflexions, le projet présenté ici s'appuie sur les données issues des populations des sites de Trois-Fontaines et Chizé, qui étaient déjà suivies avant la tempête de 1999. Les enjeux étaient de comprendre les mécanismes de variations des différents taux représentant la population afin de pouvoir prédire les évolutions futures.

Trois hypothèses ont été testées, avec pour cadre scientifique la dynamique des populations et l'écologie des ressources :

- hypothèse 1 : la tempête a eu un impact faible sur la mortalité du chevreuil ;

- hypothèse 2 : elle pourrait avoir un effet positif sur la croissance des jeunes faons ;

- hypothèse 3 : la tempête augmenterait les disponibilités alimentaires pour les animaux.

Le programme repose sur la méthode de capture-marquage-recapture, dans le cadre d'un programme à long terme ONCFS-CNRS mené par D. Delorme et G. Van Laere, responsable scientifique J.M. Gaillard.

2. La survie des chevreuils dans les populations (hyp. 1)

Pour expliquer la variance d'abondance des populations de chevreuils au cours du temps, le facteur important est la survie des faons au cours de la première année de leur vie, et principalement le premier été. Il est donc important d'en avoir une bonne idée lorsqu'on veut évaluer l'impact d'une perturbation.

Le projet a montré que la tempête n'a pas eu d'influence significative sur le taux de survie, ni des adultes (mâles et femelles), ni des jeunes.

3. La croissance des faons (hyp. 2)

Si la tempête n'a pas eu d'effet sur la survie des faons, elle semble en revanche avoir eu un effet immédiat et positif sur la croissance des jeunes faons (appréciée au travers de la masse corporelle). Ceci est important car on sait par ailleurs que l'effet de la première année de vie se fait sentir tout au long de la vie de l'animal.

4. Les ressources alimentaires (hyp. 3)

Les données antérieures à la tempête sur l'alimentation des chevreuils indiquaient que les ressources-clés en hiver sont le lierre et la ronce.

Le programme a permis de réaliser une étude spatialisée de l'impact de la tempête sur la disponibilité des ressources alimentaires pour le chevreuil, sur les sites de Chizé et Trois-Fontaines.

La quantité de ressources a augmenté suite à la tempête (ouverture des peuplements), ce qui a eu pour effet de réduire le domaine vital des individus suivis et de le recentrer sur la futaie régulière aux dépens du taillis-sous-futaie. Là encore, l'effet a été immédiat.

Ces résultats vont à l'encontre de ceux issus d'une étude similaire menée précédement (Gaillard J.M., Van Laere G., Duncan P., Kjellander P., Liberg O., Delorme D. & Maillard D. 2002. Variations in adult body mass in roe deer: the effects of population density at birth and of habitat quality. Proc. Roy. Soc. (Lond.) Ser. B 269, 747-753).