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Risques entomologiques liés à l'extension de la monoculture de la pomme de terre en zone nord-andine

Coordinateur(s)
Jean-François SILVAIN, IRD
Partenaire(s)
CORPOICA (Corporacion colombiana de investigacion agropecuaria, Colombie)

L'augmentation des surfaces agricoles et des échanges de produits agricoles ont un impact direct et indirect sur les écosystèmes naturels. L'impact direct est lié à la destruction d'habitats hébergeant de nombreuses espèces menacées, et à l'introduction accidentelle d'espèces invasives via les échanges de produits agricoles. Ces impacts directs sont relativement visibles donc identifiables par le spopulations locales et les décideurs politiques. En revanche, les impacts indirects nécessitent des études scientifiques plus poussées. Il s'agit par exemple de l'extinction d'espèces locales du fait des interactions écologiques entre espèces invasives associées à l'agriculture (qu'il s'agisse des nuisibles ou des espèces bénéfiques d'antagonistes) et des espèces sauvages locales de plantes et de phytophages.

Dans le cas de l'invasion des cultures de pommes de terre par la teigne guatémaltèque Tecia solanivora, l'impact indirect de l'invasion est encore totalement inconnu. L'étude présentée dans cette proposition vise à combler ces lacunes.

Nous caractériserons la diversité despèces de solanacées sauvages, des insectes lépidoptères de la famille des Gelechiidae - les principaux ravageurs de la pomme de terre actuellement - et des antagonistes, virus et parasitoides qui y sont associés. Nous testerons la capacité des individus émergeants des différentes plantes hôtes à pondre et à se développer, sur la pomme de terre pour les phytophages, sur T. solanivora pour les parasitoides. Les expériences seront réalisées en cages de maille, afin de reproduire des conditions semi-naturelles. Les réseaux trophiques seront caractérisés. Les individus collectés sur le terrain seront génotypés pour un marqueur mitochondrial, un fragment du gène codant pour le cytochrome B. Les échanges entre compartiments sauvage et cultivé des différents génotypes seront évalués à l'aide d'expériences de lâcher - recapture. Le développement de marqueurs moléculaires microsatellites et l'analyse de la strucutre des populations échantillonnées permettra d'estimer plus globalement les capacités de dispersion de l'espèce T. solanivora. Ces données permettront de prédire les effets indirects sur la biodiversité locale de l'invasion par T. solanivora.

Une étude phylogénétique des espèces de Gelechiidae identifiées visera à replacer dans un cadre évolutif les évèneemnts de changements d'hôte et de changement d'organes attaqués. Ceci permettra de mieux comprendre l'évolution de la spécialisation alimentaire chez ces espèces et de prédire les éventuels changements d'hôte pouvant être à l'origine de nouveaux ravageurs pour la pomme de terre.
En conclusion, nous caractériserons les communautés trophiques associées aux Solanaceae sauvages et cultivées et aux insectes de la famille des Gelechiidae, ainsi que leur capacité d'évolution, afin d'apprécier et de mieux prédire les effets indirects de la destruction des habitats et de l'augmentation des échanges agricoles sur la biodiversité endémique locale et, en retour, sur l'agriculture elle-même et de proposer des solutions.