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Diversité génétique et conservation des amphibiens en Guyane française

Coordinateur(s)
André Gilles, Université de Provence
Partenaire(s)

Service Régional du Patrimoine Naturel de Guyane

Kwata (Association de Préservation de la Nature)

Nous avons évalué la diversité génétique de l’ordre des Hyloidea sur quatre marqueurs (deux mitochondriaux et deux nucléaires). Nous confirmons le découplage entre morphologie, ADN mitochondrial et nucléaire, et la limitation des conclusions trouvées dans les articles (pourtant récents) qui ne prennent absolument pas en compte la diversité des espèces ou plutôt devrait-on dire des complexes d’espèces qui sont la règle en Guyane française La systématique actuelle des amphibiens, basée sur des critères morphologiques et éthologiques est certes incontournable mais se révèle insuffisante. Nos résultats ont montré un découplage entre la morphologie classique et les marqueurs moléculaires.
Par ailleurs nous avons analysé la diversité au sein de mêmes espèces, la phylogéographie comparée a montré un niveau de divergence extrême chez Scinax ruber avec pas moins de 4 clades dont 3 correspondent à un complexe polyspécifique.
Pour établir le niveau spécifique au sein des amphibiens nous proposons le seuil de 3% (pour le gène ribosomique 16S) pour cibler les lignées pouvant correspondre à des espèces candidates. En effet cette limite à 3 % identifie 94 espèces au lieu des 48 classiquement décrites (c'est-à-dire le double) et si nous utilisons la limite préalablement définie à 6% nous identifions 70 espèces c'est-à-dire 30% de plus.
Un des éléments les plus intéressants dans la répartition des différentes espèces d’amphibien de Guyane française est la diversité des patterns phylogéographiques. En effet nous avons détecté six profiles principaux qui peuvent être partagés par différentes lignées. Ces patterns auront une importance capitale dans la politique de conservation des amphibiens de Guyane.
L’analyse factorielle des correspondances multiples (AFCM) montre à la fois des résultats attendus mais aussi des résultats très intéressants. En effet, les précipitations structurent la distribution de certains complexes d’espèces. Par exemple, nous montrons que Bufo typhonius 4 est présent à des pluviométries relativement fortes entre 2500 et 3250 mm par an.
En ce qui concerne les amphibiens il ne s’agit pas de conserver le Nord au détriment du Sud (et vice versa) mais de se diriger vers une conservation de zones de grande diversité.