Skip to Content

Les co-strucutres génétiques d'un parasite (Schistosoma mansoni) et de ses hôtes (mammifères et mollusques) dans la mangrove dulçaquicole de Guadeloupe

Coordinateur(s)
Thierry de Meeûs, CPEM
Partenaire(s)

Université de Perpignan

IRD

Nous avons recherché les facteurs clés qui déterminent le fonctionnement des populations d'un parasite à cycle complexe Schistosoma mansoni et des deux hôtes de son cycle: le rat noir (Rattus rattus), hôte définitif qui héberge les parasites adultes, et Biomphalaria glabrata (escargot d'eau douce), hôte intermédiaire; dans l'arrière mangrove de la Grande-Terre de Guadeloupe. La prise en compte de tous les facteurs à notre portée à permis la réalisation de recherches inédites. Chaque rat retrouvé infecté (presque tous le sont) recrute une large proportion de la diversité existant localement. La diversité génétique des infra-populations (parasites présents dans un hôte) des schistosomes est par ailleurs fortement conditionnée par une variance importante du succès clonal, qui favorise en particulier les individus les plus hétérozygotes, comme le montre le procédé que nous avons mis au point pour la circonstance. Cette diversité est aussi conditionnée par un fonctionnement qui diffère entre les hôtes femelles et mâles (ces derniers hébergeant des infra-populations plus variables génétiquement) et entre les schistosomes femelles et mâles également. Une approche théorique (modélisation) à permis de révéler que cette variance du succès clonal pouvait expliquer une bonne partie des résultats obtenus dans les infra-populations trouvées chez les rats, bien qu'une part importante des schémas retrouvés soient générées par d'autres phénomènes. La diversité génétique retrouvée dans chaque infra-population est suffisante pour limiter les croisements consanguins sans le recours à des comportements d'évitement de la part des parasites adultes (les appariements se font en effet au hasard). L'étude des co-structures des trois acteurs du système à l'échelle régionale révèle un isolement très fort des populations de mollusques en fonction de la distance qui les sépare (isolement par la distance). Ce schéma n'est retrouvé ni pour les rats, ni pour les schistosomes malgré des niveaux de différenciations importants. Il semble que des évènements de dispersion longue distance de certains individus rats, en particulier des mâles, permettent d'expliquer ce résultat. En comparant les distances génétiques entre individus rats, quelque soit leur site de capture, avec les distances génétiques mesurées entre les infra-populations de schistosomes qu'ils portaient, nous avons pu mettre en évidence une corrélation très significative entre ces distances. Ceci confirme que le principal transporteur du parasite est bien l'hôte vertébré. Ce dernier résultat permet en partie d'expliquer l'absence apparente d'adaptation locale des parasites et de leurs hôtes mollusques. L'origine commune des uns et des autres ne permet pas de préjuger du succès d'une infection. Ces résultats ont permis d'évaluer un risque très faible de recolonisation de sites assainis. Ils mettent aussi en évidence des conditions optimales de conservation des ressources génétiques chez ce parasite.