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Caractéristiques écologiques et comportementales d'insectes envahissants et endémiques : exemple des blattes

Partenaire(s)

University of Natal (Afrique du Sud) - Invertebrate Conservation Research Center

Harward University

CIRAD-FLHOR

Insectarium du Port (La Réunion)

MeteoFrance

Les faunes insulaires sont plus facilement sujettes à l'extinction que les populations continentales. Les principales menaces qui pèsent sur les espèces endémiques sont: la disparition de leurs habitats et la présence d’espèces introduites envahissantes compétitrices ou prédatrices. Dans cette étude nous nous intéressons à la répartition des espèces de blatt es sur deux îles tropicales de l’océan indien: Mayotte et La Réunion. En dehors des zones urbaines nous avons recensé sur ces deux îles 12 espèces de blattes (4 espèces endémiques et 8 espèces introduites). Les blattes par la diversité des milieux qu'elles occupent et la capacité de certaines espèces à utiliser les milieux anthropisés se sont révélées être un bon modèle pour étudier les conséquences des transformations des milieux sur la conservation des espèces. L’étude des cycles biologiques, des rythmes de développement et des aires de répartition de chaque espèce permet de comprendre quels sont les facteurs environnementaux capables de déterminer l’installation et le développement des populations dans les différents types de milieux. Nos résultats montrent que l’altitude limite la présence de la plupart des espèces de blattes. D’autre part, les milieux cultivés, fortement anthropisés constituent des habitats favorables à l’installation et à la pullulation des blattes et notamment des espèces introduites. Les champs de cannes à sucre à La Réunion permettent l'installation et le développement de peuplements de blattes comptant jusqu'à sept espèces. L'apport constant d'eau par arrosage et à l’absence de traitements insecticides favorise la pullulation des bla ttes. Certaines fourmis envahissantes occupent également les champs de canne et exercent une forte pression de prédation sur les blattes. Bien que les champs cultivés procurent les conditions les plus favorables à leur développement, les espèces introduite s sont capables de coloniser des milieux très divers. Au contraire, les espèces endémiques ont des aires de répartition très restreintes et occupent des habitats très spécialisés dont la superficie tend à diminuer. La survie de ces espèces est directement liée à la conservation de ces milieux. A Mayotte deux espèces endémiques sont présentes uniquement dans les cultures. Leur conservation pourrait être menacée par la mise en place d’une agriculture intensive et l’utilisation d’insecticides.