Skip to Content

Colonisation spontannée de terrains forestiers affectés par une tempête (cas de la Bretagne et de l'Auvergne)

Coordinateur(s)
Christian Gauberville, IDF
Partenaire(s)

CRPF Bretagne

ENGREF

DRAF Bretagne

Cemagref Clermont

1. Les bases du projet

La reconstitution des terrains affectés par une tempête est une des questions quii se posent après les tempêtes de 1999. Cette étude a pour objet de connaître mieux les mécanismes de colonisation spontanée de ces terrains et de voir dans quelle mesure il est possible de tirer parti de ce type de peuplements en termes sylvicoles.

2. Méthodologie

Le travail est basé sur l'étude de parcelles touchées par une tempête et non replantées : 51 placettes en Bretagne (tempête datant de 1987) et 36 en Auvergne (tempête datant de 1982).

Les placettes ont été étudiées par la méthode des bandes-transect (4m de large sur la longueur la plus grande possible en fonction de la forme des trouées). Les variables relevées concernaient les aspects pédologiques, floristiques, dendrométriques ainsi que la caractérisation des facteurs limitants (végétation gênante, bois non débardés, présence ou non de semanciers, gibier).

Il a été dans la plupart des cas difficile d'avoir une image de l'état initial.

3. Résultats

Dans la très grande majorité des cas, on observe une recolonisation effective des trouées. Les tiges les plus hautes appartiennent à des essences pionnières mais des tiges d'avenir sont présentes dans les strates inférieures. Les peuplements actuellement en place sont au départ mélangés et latéralement hétérogènes, mais certaines essences très dynamiques (comme le chataignier en Bretagne) peuvent vite éliminer la concurrence.

La colonisation spontanée se fait donc rapidement et il semble qu'un diagnostic précoce (5 à 7 ans après la tempête) soit indispensable pour décider des modalités de l'accompagnement sylvicole permettant de tirer parti de ces peuplements naturels.

Il est très difficile de dégager des facteurs explicatifs de la recolonisation (pas de connaissance de l'état initial). Il semble cependant que plus les semanciers sont loin des trouées, plus la parcelle a tendance à se reboiser avec des essences pionnières. Par ailleurs la répartition des essences participant à la cicatrisation des trouées est commandée par l'environnement (altitude, semanciers), la station, la présence d'ornières, les grands herbivores...

4. Perspectives

Les parcelles étudiées n'ont fait l'objet d'aucune intervention depuis les tempêtes, mais on peut dégager quelques règles d'accompagnement des peuplements mis en place :

- laisser tous les arbres en place (ils sont semanciers et assurent une ambiance forestière),

- faire attention aux conditions de débardage (globalement favorable, mais pouvant entraîner un tassement des sols et la création d'ornières),

- intervenir entre 5 et 10 pour sélectionner les meilleures tiges (accompagnement) et mettre en place un cloisonnement.


Par ailleurs, il serait utile d'avoir un dispositif d'observation des premières étapes de la dynamique et de connaître l'état des parcelles avant la tempête. Cet observatoire est en cours de mise en place avec l'appui des Ministères chargés de l'agriculture et de l'environnement ; l'ONF, l'IDF et l'ENGREF (coordinateur scientifique) y participent.