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Le monde est à nous ? Analyse socio-économique des émissions de GES dues aux déplacements de tourisme et de loisirs et stratégies de limitation possibles

Dans les recherches comme dans les politiques concernant le changement climatique, le tourisme a fait jusqu’à très récemment l’objet d’une faible attention. De nombreux secteurs économiques sous-tendent l’activité touristique et la plupart d’entre elles n’y consacrent qu’une partie de leur activité (la restauration, les transports…). Le tourisme n’est jamais identifié en tant que tel dans les inventaires d’émission et les mesures de limitation des émissions envisagées n’en font jamais explicitement une cible. Ce « traitement de faveur » ne semble plus possible dans la perspective de négociations post-Kyoto :

  • la part du tourisme dans les émissions mondiales est loin d’être négligeable. (Gössling 2002)) a évalué la contribution du transport, de l’hébergement et des activités touristiques à au moins 5,3% des émissions de CO2-e d’origine anthropique
  • cette contribution est croissante, contrairement à la stabilisation ou à la réduction observée dans d’autres secteurs. Le tourisme est une part croissante d’une part croissante (les transports) des émissions de gaz à effet de serre.
  • l’objectif d’une réduction par 4 des émissions de GES à l’horizon 2050 permet de mettre en évidence le poids croissant du transport aérien et les tendances incompatibles avec l’atteinte de cet objectif.

C’est sur le versant impact du changement climatiques sur le tourisme qu’ont porté l’essentiel des travaux A l’inverse nettement moins de recherches portent sur le lien entre tourisme / transports et émissions de GES. Il s’agit donc de développer des arguments et des méthodes permettant de faire entrer le tourisme dans les négociations sur la réduction des émissions de GES : par l’évaluation de sa contribution, la connaissance de ses déterminants, mais aussi par une analyse des stratégies de limitation adaptées à son contexte (mobilité individuelle, fort élément international, conflits possibles avec d’autres objectifs de développement durable).

Le choix d’une entrée par le tourisme plutôt que par les différents secteurs qui y contribuent a plusieurs motifs :

  • le tourisme ressort de pratiques sociales et de motivations qu’il n’est pas possible d’appréhender à travers les analyses sectorielles l’évaluation de la contribution du tourisme aux émissions de GES a pu assez commodément être faite à partir des données fournies par les études sectorielles, notamment en ce qui concerne les transports origine /destination qui rendent compte de l’essentiel de ces émissions. Néanmoins, un travail essentiel reste à faire au niveau de la ventilation de cette contribution selon les différentes catégories de tourisme, les groupes sociaux, les destinations etc. Ce travail est particulièrement important pour fonder une réflexion sur la répartition des efforts que demanderont les politiques pour contrôler les émissions ;
  • en effet, il s’agit de compléter les inventaires sectoriels d’émission, qui sont avant toute des inventaires de secteurs de production, par des approches centrées sur la consommation et les modes de vie. Avec la perspective d’objectifs de réduction des GES plus restrictifs, se profile celle de demandes d’arbitrages entre grands secteurs mais aussi à l’intérieur de chaque secteur.
  • cette répartition des efforts et la nécessité d’un arbitrage, la plupart du temps sous-jacente et jamais négociée, pose également des questions d’équité sociale : une minorité de grands voyageurs est responsable d’une part considérable des émissions du transport aérien, alors que quatre français sur dix ne partent pas en vacances, chaque année.
Coordinators

Guislain Dubois TEC Marseille

Funding
MEEDDAT
  • Adaptation