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Programme de recherche Ecosystèmes Tropicaux (1999 – 2010)

Ecofor a animé de 1999 à 2010 le programme de recherche « Ecosystèmes tropicaux » pour le compte du ministère en charge de l’environnement.

Les objectifs du programme

Les écosystèmes tropicaux, forestiers ou autres, sont d’un grand intérêt tant pour leur richesse biologique que pour les avantages qu’ils procurent aux sociétés qui en dépendent. Dans ce contexte, le programme de recherche « Écosystèmes tropicaux » visait à développer les savoirs écologiques applicables à la gestion des écosystèmes tropicaux, à leur valorisation et à leur conservation. Il prenait en compte les connaissances, droits et usages des populations locales dans une perspective de développement durable. Il a contribué à soutenir et renforcer les équipes de recherche en écologie tropicale.

La gestion du programme

La gestion du programme a reposé sur trois instances et trois appels à propositions de recherche.

Un comité d’orientation (organe décisionnaire) définissait les orientations du programme et les projets prioritaires sur la base des avis fournis par la Conseil scientifique.

Un conseil scientifique formalise les orientations en termes d’appels à propositions de recherche et d’actions d’animation permettant de croiser les regards des scientifiques entre eux et avec ceux des responsables des politiques publiques concernées.

Composé des représentants du Ministère, du président du Conseil scientifique et d’Ecofor, un secrétariat technique permanent a assuré la mise en œuvre du programme.

Les appels à propositions de recherche

Trois appels à propositions de recherche ont été lancés en 1999, 2001 puis 2005. Ils sont présentés ici du plus récent au plus ancien.

L’appel à propositions de recherche 2005

L’appel à propositions de recherche 2005 a été consacré aux espèces en interaction et aux communautés d’espèces. Il a permis de financer 13 projets dont les résultats sont regroupés dans le rapport final. Ces résultats ont par ailleurs été présentés lors du colloque organisé à Montpellier en 2010.

  • Dynamique de la diversité neutre et adaptative au niveau de la communauté : étude du genre Eperua en Guyane française. Ivan SCOTTI, INRA.
  • Écologie et génétique évolutive d’une fourmi envahissante, Wasmannia auropunctata. Arnaud ESTOUP, INRA.
  • Interactions trophiques multi spécifiques dans les écosystèmes insulaires tropicaux : applications pour la réhabilitation des îles tropicales françaises de l’ouest de l’océan Indien. Matthieu LE CORRE, Université de la Réunion.
  • Impacts des variations géographiques et temporelles sur le fonctionnement des communautés symbiotiques associées à Acacia mangium : diversité en zone d’origine, évolution et adaptation en zone d’introduction. Gilles BENA, IRD et Yves PRIN, CIRAD.
  • Corridors de végétation et conservation d’un groupe clé de voûte de la biodiversité au centre d’un réseau d’interactions : le cas des Ficus et des communautés associées. Finn KJELLBERG, CNRS.
  • Les gorilles : un maillon dans le cycle du virus Ebola en forêt tropicale. Du réservoir à l’homme, mécanismes et conséquences de la maladie. Nelly MENARD, Université de Rennes.

  • Risques entomologiques associés à l’extension de la monoculture de pomme de terre en zone nord-andine. Stéphane DUPAS, IRD et Jean-François SILVAIN, IRD.
  • Dynamique temporelle des méta communautés de mollusques des eaux douces aux Antilles françaises : une rencontre entre génétique des populations et écologie des communautés. Patrice DAVID.
  • Eutrophisation, cyanobactéries et biomanipulations : approches expérimentales en lacs tropicaux peu profonds. Xavier LAZZARO, IRD.
  • Organisation spatiale de la diversité des arbres en forêts tropicales aux échelles régionales : enjeux méthodologiques et application dans les Ghâts occidentaux de l’Inde. Raphaël PELISSIER, IRD.
  • Forêts de failles et forêts galeries au sud du Mali : deux voies pour la pérennité des refuges guinéens en zone soudanienne. Philippe BIRNBAUM, CIRAD et Laurent GRANJON, IRD.
  • Biodiversité et paysages en forêt guyanaise : développement d’une méthodologie de caractérisation et de spatialisation des habitats à l’usage des gestionnaires des milieux naturels forestiers. Cécile RICHARD-HANSEN, ONCFS.
  • Perceptions, pratiques, gestions traditionnelles et modernes d’un écosystème forestier tropical : les mangroves du nord-ouest de Madagascar – mise en place d’une méthode d’optimisation des plans de gestion. Marc ROBIN, Université de Nantes – CNRS.

L’appel à propositions de recherche 2001

L’appel à propositions de recherche 2001 a été consacré à la pression sur les ressources naturelles et aux critères d’évaluation de la biodiversité. Il a permis de financer 12 projets dont les résultats sont regroupés dans le rapport final. Ces résultats ont par ailleurs été présentés lors du colloque organisé à Paris en 2006.

  • Analyse spatiale et fonctionnelle de la diversité d’un système symbiotique en milieu insulaire et continental : cas du Pterocarpus officinalis et de ses microorganismes associés
    La structuration de la diversité génétique et le fonctionnement des organismes impliqués dans les symbioses (rhizobiums et champignons mycorhiziens à arbuscules) de Pterocarpus officinalis Jacq. sont étudiés selon différentes échelles spatio-temporelles et en fonction de contraintes édaphiques (inondation et salinité) dans des forêts marécageuses de la région Caraïbes.
  • Analyse de la biodiversité selon différentes échelles spatio-temporelles chez les espèces du genre Sentalum      
    Les milieux insulaires sont considérés comme de remarquables laboratoires d’étude des questions liées à l’évolution et de dynamique de la biodiversité. Si les espèces ligneuses offrent un certain attrait sur le plan évolutif, le syndrome d’insularité tendant à favoriser le caractère ligneux/arbre par rapport au caractère herbacé, peu de résultats relatifs aux déterminants de leur diversité génétique et leur adaptation sont aujourd’hui disponibles.
  • Diversité génétique et conservation des amphibiens en Guyane française      
    Nous avons évalué la diversité génétique de l’ordre des Hyloidea sur quatre marqueurs (deux mitochondriaux et deux nucléaires).
  • Evaluation et analyse d’une biodiversité utile : le cas des Ficus
    L’un des changements globaux majeurs affectant la forêt tropicale est la fragmentation croissante de ce milieu. Cette fragmentation va conduire à une réduction de la biodiversité. Cette réduction sera d’autant plus drastique que des fonctions importantes de l’écosystème pourraient ne plus être assurées du fait de l’absence des groupes fonctionnels les assurant.
  • Evaluation multi-échelles de la diversité spécifique, structurale et fonctionnelle des arbres en forêt guyanaise : prise en compte du substrat géologique, des sols et de la dynamique sylvigénétique     
    Nous avons cherché à décrire, analyser et comprendre, à l’échelle d’une petite région naturelle de forêt tropicale humide de Guyane, l’influence de deux causes importantes de variation de la diversité des espèces et de la diversité fonctionnelle du peuplement forestier arborescent : le substrat géologique et pédologique, et l’intensité du régime de perturbations naturelles.

  • Interactions plantes-pollinisateurs dans une île océanique tropicale : le cas des populations d’orchidées dans différents écosystèmes de la Réunion

La Réunion est caractérisée par une grande diversité d’écosystèmes qui se répartissent essentiellement le long du gradient d’altitude et secondairement selon l’exposition aux vents dominants. Les résultats concernant la reproduction des orchidées dans les écosystèmes réunionnais montrent, avec l’altitude, un affranchissement progressif du recours aux pollinisateurs pour se reproduire.

  • Les co-strucutres génétiques d’un parasite (Schistosoma mansoni) et de ses hôtes (mammifères et mollusques) dans la mangrove dulçaquicole de Guadeloupe     
    Nous avons recherché les facteurs clés qui déterminent le fonctionnement des populations d’un parasite à cycle complexe Schistosoma mansoni et des deux hôtes de son cycle: le rat noir (Rattus rattus), hôte définitif qui héberge les parasites adultes, et Biomphalaria glabrata (escargot d’eau douce), hôte intermédiaire; dans l’arrière mangrove de la Grande-Terre de Guadeloupe. La prise en compte de tous les facteurs à notre portée à permis la réalisation de recherches inédites.
  • Ponte de tortues marines et prélèvement des oeufs en Guyane française : du maintien de la biodiversité aux enjeux du territoire      
    La Réserve naturelle de l’Amana (RNA) connaît des difficultés persistantes dans les rapports qu’elle entretient avec les populations kali’na établies dans la région, en particulier au sujet de l’interdiction du prélèvement des oeufs de tortues marines. En arrière-plan de cette interdiction, les thèmes de la menace pesant sur les tortues et celui de l’urgence, qui justifient les mesures de conservation radicales mises en oeuvre.
  • Recherche de procédés limitant l’activité de fourmis tropicales d’importance écologique et économique           
    Originaire d’Amérique centrale et du Sud, la petite fourmi de feu Wasmannia auropunctata a envahi de nombreuses zones tropicales et représente une menace pour la biodiversité.
    1ère partie
  • Structuration spatiale de la diversité génétique des espèces spontanées de Manihot (Euphorbiacées) en Guyane française    
    L’objectif central de ce projet était de caractériser la diversité du genre Manihot (Euphorbiacées) -le manioc domestiqué et ses parents sauvages- en Guyane française pour mieux connaître, conserver et gérer ces ressources.
  • Stuctures du paysage et diversité endogée en Guyane française          
    Trois fenêtres paysagères guyanaises de la région d’Iracoubo ont fait l’objet de cette étude. Celle de Rocoucoua est dominée par une agriculture mhong avec des cultures permanentes et l’utilisation d’intrants. Celle de Bellevue est dominée par un système de culture amérindien sur abattis traditionnels de petite taille. La fenêtre forestière de Patagai présente une moindre perturbation anthropique ayant fait l’objet d’une exploitation forestière ancienne.
  • Usages et viabilité de l’exploitation des produits forestiers non-ligneux en Guyane française : l’homme, la plante et la petite faune en forêt guyanaise      
    L’objectif du projet était de fournir les données de base sur les ressources, les usages des produits forestiers non-ligneux (PFNL) pour la région nord de Guyane, une question déjà abordée pour les communautés amérindiennes de l’intérieur, mais jamais réellement examinée pour les communautés de la région côtière. Toutes ces communautés, aux fondements culturels variés, faisaient naguère appel à de nombreuses espèces pour leur alimentation, mais aussi pour leur habitation et nombre d’ustensiles quotidiens.

L’appel à propositions de recherche 1999

L’appel à propositions de recherche 1999 a porté sur les répercussions des pressions anthropiques exercées sur les ressources vivantes et la capacité de résistance des espèces endémiques et patrimoniales face notamment aux invasions biologiques.

Il a permis de financer les 11 projets ci-après :

  • Caractéristiques écologiques et comportementales d’insectes envahissants et endémiques : exemple des blattes
    Les faunes insulaires sont plus facilement sujettes à l’extinction que les populations continentales. Les principales menaces qui pèsent sur les espèces endémiques sont: la disparition de leurs habitats et la présence d’espèces introduites envahissantes compétitrices ou prédatrices. Dans cette étude nous nous intéressons à la répartition des espèces de blatt es sur deux îles tropicales de l’océan indien: Mayotte et La Réunion.
  • Cerf rusa et milieu naturel en Nouvelle-Calédonie
    Le Cerf rusa (Cervus timorensis russa) a été introduit sur la Grande Terre de Nouvelle Calédonie en 1870. La douzaine d’individus fondateurs s’est multipliée pour atteindre une population actuellement estimée à plus de 100 000 individus (Chardonnet 1988). Ce cervidé tropical d’origine indonésienne s’est très bien adapté aux conditions calédoniennes, et on le retrouve dans la quasi-totalité des biotopes terrestres de cette île.
  • Connaissance de l’état des peuplements de poisson et de macrocrustacés des eaux douces de La Réunion. Caractérisation des espèces endémiques, biorépartition et application à la gestion
    Les milieux aquatiques subissent de plus en plus de pressions : captage d’eau, aménagement des berges, pollutions, qui fragilisent les populations piscicoles déjà sujettes à des conditions naturellement contraignantes pour leur développement : crues cycloniques, étiages sévères, obstacles à la colonisation des cours d’eau. Il devient urgent de définir et de mettre en place des mesures de suivi et de gestion des espèces les plus exploitées, pour en assurer la pérennité.
  • Dynamique d’invasion, interaction avec la faune indigène et système de reproduction. Le cas des mollusques d’eau douce aux Antilles françaises
    Les eaux douces de Martinique et de Guadeloupe ont été le théâtre d’invasions successives par des mollusques de la famille des Thiaridae (Thiara granifera, Melanoides tuberculata et récemment Melanoides sp.).
  • Etude de l’invasion de la Nouvelle-Calédonie par la fourmi pionnière Wasmannia auropunctata : modalités, impact sur la diversité et le fonctionnement des écosystèmes, maîtrise de la nuisance
    La fourmi Wasmannia auropunctata (Roger) (Hyménoptères, Formicidae, Myrmicinae) a été accidentellement introduite en Nouvelle-Calédonie entre 1955 et 1972. Originaire de l’Amérique tropicale, cette espèce pionnière a envahi depuis le début du siècle plusieurs territoires en zone tropicale. Généralement discrète dans son aire d’origine, l’espèce n’a suscité que peu d’intérêt jusqu’à l’invasion de l’archipel des Galápagos et celle de la Nouvelle-Calédonie ne mobilise l’attention de la société, en raison d’un fort impact environnemental.
  • Impact de l’exploitation minière sur la diversité des micro-organismes associés aux Casuarinacées en Nouvelle-Calédonie
    Les sites miniers de Nouvelle Calédonie sont caractérisés par un déséquilibre chimique (déficit en carbone, azote, phosphore ; excès en nickel, magnésium). Leur lessivage par l’érosion entraîne de graves problèmes de pollution. Leur revégétalisation fait appel à des Casuarinacées endémiques. Les Casuarinacées sont caractérisées par un cortège microbien constitué essentiellement d’actinomycètes fixateurs d’azote (Frankia) et de champignons endo- et ectomycorhiziens.
  • Interactions entre espèces à Mayotte, variations de la biodiversité et des valeurs patrimoniales perçues
    Peuplé depuis au moins 1500 ans, le milieu naturel de Mayotte a été profondément transformé par l’introduction d’espèces animales et végétales et par les pratiques agricoles d’une population au taux de croissance extrêmement élevé. Face à ce constat et à la méconnaissance de la flore et de la faune locale, ce projet combine les approches taxonomiques, écologiques et anthropologiques. Il s’articule autour de trois thématiques : les inventaires, les équilibres de populations biologiques et les perceptions et pratiques des populations locales.
  • La chasse en Guyane aujourd’hui : vers une gestion durable ?
    La chasse est un objet de recherche hautement symbolique. Dans le contexte de la Guyane, elle devient, avec les activités aurifères, une des composantes du débat autour de notions telles que la préservation de l’environnement ou le respect de la spécificité locale. Ces notions ont pour toile de fond un fort pluralisme culturel, sous jacent aux débats politiques et économiques qui agitent la région.
  • Les Carpophages des TOM de Pacifique. Connaissance, conservation et gestion du patrimoine menacé
    Deux Colombidés endémiques : le Carpophage des Marquises ou Upe (Ducula galeata) en Polynésie et le Carpophage géant ou Notou (Ducula goliath) en Nouvelle Calédonie font l’objet d’une chasse légale. Leurs populations ont un statut de conservation critique ou préoccupant. Le Upe a été décimé au point de n’être plus représenté que par une petite population sauvage occupant uniquement l’île de Nuku Hiva (A.
  • Phylogéographie et perturbations anthropiques : une confrontation des valeurs et des enjeux à travers le cas des oiseaux
    Face à l’ampleur des problèmes de conservation de la biodiversité dans les îles Mascareignes, nous souhaitions apporter dans ce projet, à l’aide d’une perspective historique, des références objectives à même d’aider à évaluer les mesures de protection pour un certain nombre de taxons endémiques des îles Mascareignes.
  • Typologie des pêches à la nivrée dans le Haut-Maroni et évaluation de leurs effets sur la faune aquatique en vue de la gestion de la ressource
    L’opération Nivrée 2000 avait pour but de réunir les observations de terrain permettant l’évaluation de la mortalité totale des organismes aquatiques au cours des opérations des pêches traditionnelles à la nivrée dans le haut Maroni, en Guyane française.